Les listes de Nouveaux Convertis et les listes d’abjurations

Les listes de Nouveaux Convertis
Pour les autorités religieuses et administratives il n’y a pas de catholiques, mais des Anciens Catholiques et des Nouveaux Convertis (N.C.). Les évêques, au cours des visites pastorales font établir des listes de Nouveaux Convertis. Elles sont souvent précises comme à Ispagnac en Lozère « … Jean MEJAN, Gabrielle d’ARNAUD sa femme, Abraham et Antoine leurs enfants, Louise D’ARNAUD, belle sœur… ». Mais parfois ce ne sont que des statistiques avec le nombre de nouveaux convertis et le nombre de réfugiés. On les trouve en série G des archives départementales.
Pour les intendants du 18ème siècle, les Nouveaux Convertis sont un souci important. En matière religieuse, leur rôle est doubles : ils font appliquer les ordonnances et les édits ; ils surveillent la population et informent le Roi de ce qui se passe dans les provinces. Il y a donc beaucoup de documents administratifs sur les religionnaires, notamment des listes de nouveaux convertis suite à des découvertes d’assemblées du Désert. Les intendants imposaient de grosses amendes à la communauté des Nouveaux Convertis lorsqu’on découvrait une de ses assemblées. Bien souvent, les intendants collaboraient avec les évêques, et excluaient de ces listes, les Nouveaux Convertis qui acceptaient les sacrements de l’Eglise catholique. Ainsi, lorsqu’en 1747, l’intendant du Languedoc impose le paiement d’une amende, à la communauté de Dions, il en exclut 8 N.C. grâce à un certificat du curé qui atteste qu’ils « ont rempli les devoirs de catholique par l’assistance aux offices divins … et par la fréquentation des sacrements et que depuis trois ans, ils ont satisfait à leur devoir pascal ».
On trouve aussi, de nombreuses listes de fugitifs. Elles recensent ceux qui sont partis à l’étranger. Elles seront surtout intéressantes pour les descendants des protestants qui ont émigré. Ces listes sont conservées dans les fonds des intendances en série C des archives départementales.
La dernière source importante pour les généalogistes, qui témoigne de l’adhésion de nos ancêtres au protestantisme, ce sont les listes d’abjuration.

Les listes d’abjurations.
Il y a toujours eu des conversions individuelles au 17ème siècle avant même la politique de Louis XIV et des conversions forcées. Ces conversions pouvaient être sincères ou pouvaient avoir des mobiles moins nobles, comme toucher une pension de caisses de conversion, ou obtenir des avantages comme obtenir un office. La plupart de ces conversions sont dispersées dans les registres de catholicité (série E). Mais on en trouve aussi dans les archives du clergé séculier et régulier. Plusieurs évêques ouvrirent dès la fin du 16ème siècle des registres d’abjuration. Mais ce sont les ordres religieux, les Récollets, et les Capucins et les maisons de la propagation de la Foi en particulier, qui firent des abjurations un objectif et ouvrirent très tôt, des registres d’abjurations. Ces documents se trouvent dans les séries G et H des archives départementales.
Mais plus impressionnant sont les abjurations massives que l’on trouve dans les documents d’archives. Dans la première partie de son règne, Louis XIV a essayé de réduire peu à peu, non seulement l’influence du protestantisme, mais la communauté elle-même. La politique a d’abord été incitative (envoi de missionnaires, pensions aux pasteurs convertis) puis répressive (amendes, fermeture et démolition des temples payés par les Réformés, interdiction d’exercer des fonctions politiques) jusqu’à la politique ultime de conversion que sont l’envoi des régiments de dragons, héberger chez les protestants. Ces soldats, ces soudards, provoquaient la panique chez protestants, et des communautés se convertirent immédiatement à l’annonce, ou simplement à la rumeur de l’arrivée d’un de ces régiments. Dans ces documents, on trouve souvent des centaines de noms, Souvent, il n’y a qu’un acte d’abjuration avec une énumération de nom et de prénoms, sans grand intérêt généalogique. Mais parfois, il y a un acte par abjuration, avec le nom, le prénom, le nom du conjoint et la liste des enfants avec leur âge.
Quelques uns, essayèrent d’éviter l’abjuration en quittant leur domicile. Cela ne réussit pas toujours car l’on trouve régulièrement des protestants qui abjurent dans un autre village que le leur.
Toutes ces sources, tous ces documents ne nous permettrons pas forcement de remonter une généalogie protestante jusqu’au 17ème siècle. Il est nécessaire de consulter d’autres sources d’archives, plus classique, comme les archives notariales.

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CFD Généalogie – Frédéric DELEUZE

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